Écrit par Karen MacLeod-Wilkie
Phil Cousineau* décrit le pèlerinage comme la réponse au voyageur qui cherche une expérience profonde.
Lorsque j’ai achevé le Camino de Santiago à l’automne 2016, un rêve que je chérissais depuis longtemps m’est revenu à l’esprit; celui de devenir auteure. À cette époque, cependant, j’étais pasteure à temps plein.
Ce rêve, je n’arrivais plus à le mettre de côté. Il me tiraillait. Puis, j’ai commencé à écrire. À l’été 2019, j’ai publié mon premier roman, Fresh Start ; puis, en 2020, j’ai écrit un deuxième roman, The Prophecy. À la fin de l’année 2020, j’ai finalement pris ma retraite comme pasteure pour me consacrer à l’écriture à temps plein.
Tout changement majeur dans la vie fait surgir de nombreuses émotions. Ainsi, lorsque j’ai fixé le cap sur ma nouvelle carrière d’auteure, j’ai fait face à des sentiments de perte, de fatigue et de peur, mais aussi de trépidation. Il était difficile de mettre les mots sur tout ce que je ressentais.
Lorsque j’ai découvert le site Web du chemin de l’Île, j’ai soudainement eu envie de faire de cette marche un deuxième pèlerinage. Qu’allait me révéler ce nouveau parcours? Je savais que l’expérience serait bien différente de celle du Camino : il n’y aurait pas de nombreux autres pèlerins le long du chemin ni d’auberges bon marché à intervalles réguliers. Comment voulais-je laisser cette expérience se dérouler?
Alors, j’ai décidé de faire un voyage en solitaire, afin de pouvoir me plonger profondément dans l’écoute de l’âme, en parcourant les superbes sentiers, les routes en bordure de mer et les chemins de terre rouge si particuliers à l’Île-du-Prince-Édouard. Comme attendu, des réflexions ont commencé à faire surface dans mon esprit. Je venais de quitter le centre-ville de Charlottetown et je marchais dans le parc Victoria. C’était une belle journée et je n’avais fait que deux kilomètres quand je suis arrivée à un banc près d’un phare. Je me suis dit : « Ne serait-il pas agréable de m’asseoir et de m’imprégner du paysage ? » Mais, j’ai poursuivi mon chemin, car j’avais une tâche à accomplir : parcourir mes kilomètres pour la journée. Pourtant, quelques pas plus tard, j’ai fait demi-tour et suis retournée au banc pour m’asseoir et savourer le moment et l’endroit.
Très tôt aussi dans ce pèlerinage, j’ai compris l’importance de garder le sens de l’humour. Par exemple, le chandail orange vif que je portais pour être visible des automobilistes perdait toute sa valeur lorsque j’essayais de me dissimuler dans les buissons pour faire une pause pipi.
Mon pèlerinage sur le chemin de l’Île m’a permis de physiquement vivre l’abandon d’une carrière et l’accueil d’un nouveau parcours. Ce pèlerinage m’a aussi appris à gérer le dialogue interne de messages négatifs de doute et de peur qui jaillissaient dans mon esprit au moment où la fatigue et les ampoules affligeaient mon corps. En même temps, je me suis réjouie des liens que j’ai établis avec les généreux hôtes qui m’ont ouvert leur porte, m’ont nourrie et m’ont partagé leurs histoires. Ce fut une expérience de guérison qui m’a donné la possibilité de dire au revoir à mon passé et de me pencher vers une nouvelle aventure qui se présentait à moi.
À maintes reprises, le voyage m’a appris des leçons sur ce qui compte vraiment. Ces leçons continuent de me guider, alors que j’apprends à développer une nouvelle entreprise et à trouver un équilibre sain entre la vie et le travail. Je suis très reconnaissante envers les créateurs du chemin de l’Île et de l’occasion qui m’a été donnée de découvrir les merveilles de l’Î.-P.-É. sous un nouvel angle. Je vous recommande vivement ce pèlerinage. Vous vous découvrirez et vous découvrirez l’Î. -P.-É. sous un nouveau jour.
On peut joindre Karen MacLeod-Wilkie, auteure et conférencière inspirante, à [email protected] sur son siteor through her website kmacleodwilkie.com
*Phil Cousineau est un auteur et cinéaste lauréat de plusieurs prix, enseignant et éditeur, conférencier et animateur de voyages, conteur et animateur de télévision.




